La méthode traditionnelle n’est pas qu’une recette ancestrale clonée à l’infini. Chaque bouteille est une histoire d’année, de rencontre, de choix. Il y a ces vignerons obsessionnels qui goûtent hebdomadairement leurs cuvées sur lattes, ceux qui gardent quelques magnums dissimulés « pour voir jusqu’où le vin peut aller ». Il y a aussi les innovations : certains domaines tentent la prise de mousse sous liège (au risque de pertes importantes, mais avec des arômes plus complexes), et en Belgique, quelques pionniers marient Pinot Meunier et Solaris sur de vieilles terres minières – leurs bulles n’ont pas encore trouvé la consécration des grandes maisons, mais les nez les plus curieux suivent l’aventure.
Boire un vin issu de la méthode traditionnelle, c’est trinquer à la patience, à la main de l’homme, à la science douce de l’effervescence. L’invitation est permanente : lever sa flûte, goûter, et savoir que derrière chaque bulle, il y a toute une histoire à raconter – et à vivre, verre en main.
SOURCES : Comité Champagne (www.champagne.fr), CIVC, Vitisphere, Revue du Vin de France, « Le Vin » (Larousse), Gérard Liger-Belair (physicien, Université de Reims).