À l’opposé du spectre — ou plutôt, dans une autre lumière — il y a la saignée. Ici, l’histoire commence comme celle d’un vin rouge : les raisins rouges foulés sont mis à macérer avec leur peau, quelques heures à peine, dans la cuve. Ils se parlent, s’imprègnent, font connaissance. Rapidement, on soutire une partie du jus, qui est alors rose intense : c’est la fameuse « saignée ».
- Profils plus structurés : la saignée offre souvent un rosé riche, presque sensuel, avec plus de volume en bouche.
- Plus aromatique, parfois plus alcooleux : ce vin bouscule la fraîcheur légère pour offrir des arômes de petits fruits rouges mûrs, de grenadine, voire d’épices douces.
Selon une étude publiée par Le Point et rédigée par Jacques Dupont, seulement 5 à 10 % des rosés produits en France adoptent cette méthode (source : Le Point, 2021).
Ici, c’est l’intention du vigneron qui crée la différence : il cherche à concentrer le vin rouge principal en laissant une partie du moût rosé s’échapper (et, par ricochet, à étoffer l’autre vin — c’est du deux en un !). On retrouve la saignée dans les grands Bordeaux, dans certaines Côtes de Provence ambitieuses, ou chez des vignerons qui osent sortir des sentiers battus pour proposer des rosés avec matière et personnalité.
À noter, pour les amateurs d’accords solides : la saignée donne des vins rosés très gastronomiques. Leur structure les destine à rivaliser avec des pièces de viande blanche grillée, une cuisine épicée ou des plats méditerranéens ensoleillés.